Introduction à la méditation de pleine conscience

Origines religieuses et philosophiques

La pleine conscience trouve principalement son origine dans les traditions philosophiques et religieuses orientales et notamment dans le bouddhisme. Cependant on la retrouve également dans l’hindouisme, le taoïsme, le judaïsme, l’islam, la chrétienté, tout autant que dans les philosophies grecques anciennes ou européennes modernes (Trousselard et al., 2016).

Effectivement, la tradition indienne des Upanishads décrit comme essentielle la pratique consistant à développer l’attention avec l’intention de réduire et d’apaiser le flot des pensées en se concentrant sur la respiration. Le taoisme recommande également des techniques de focalisation de l’attention sur la respiration par des pratiques immobiles ou en action. Le judaisme, dans le courant de la Kabbale, parle de la prière attentive. La chrétienté évoque la prière du chœur dans l’orthodoxie ou l’oraison silencieuse dans le catholicisme. Et enfin l’islam nous témoigne de la pratique des derviches tourneurs comme moyen de réduction de l’éparpillement de l’attention (Trousselard et al., 2016) ainsi que celle du dhikr dans le soufisme.

Aspects contemporains

Définition princeps

On doit à Kabat-Zinn (1982) l’introduction de la pratique de la pleine conscience dans le champ médical moderne. Elle s’est notamment fait à travers le programme MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction). L’idée sous-jacente était que la méditation de pleine conscience pouvait être une solution pour la gestion du stress de certains patients difficiles. Ces derniers ne trouvant aucunes solutions thérapeutiques dans les techniques médicales contemporaines.

La pleine conscience est définie par Kabat-Zinn (2003, p.45) comme « un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans jugement, sur l’expérience qui se déploie, moment après moment. »

Résultats

Le succès du programme MBSR a conduit à une vague de recherches sur l’efficacité de la pleine conscience. Les premiers travaux d’évaluation des programmes de pleine conscience (Baer et al., 2003 ; Bishop et al. 2004 ; Grossman et al., 2003) ont suggéré l’efficacité de ces interventions sur une large palettes de symptômes tant physiques que psychiques.

La pleine conscience est effectivement bénéfique pour augmenter le bien-être psychologique, la santé mentale et physique (Baer, 2003 ; Grossman, Niemann, Schmidt & Walach, 2004). Elle a notamment démontré des effets quant à la diminution du stress perçu, des affects négatifs, de l’anxiété trait et état, des ruminations mentales et quant à l’augmentation des affects positifs et de l’auto-compassion (Shapiro, 2007). Plus globalement, des bénéfices concernant la régulation émotionnelle et attentionnelle ont été retrouvés (Baer et al., 2004 ; Borders et al., 2010).

Il est également à noter que de nombreux chercheurs considèrent aujourd’hui la pleine conscience comme une compétence psychologique à part entière. (Hayes et Shenk, 2006 ; Hayes, 2003 ; Kabat-Zinn, 2003 ; Linehan, 1993 ; Shapiro, Carlson, Astin et Freedman, 2006) Ceci témoigne de l’importance que prend cette notion dans la vision qu’ont les psychologues contemporains du fonctionnement du psychisme humain.

Voici donc un premier zoom concernant la méditation de pleine conscience. D’autres articles iront davantage en profondeur sur la définition et les différents modèles théoriques.

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Mathieu Crotti, Psychologue, Psychothérapeute, Méditation de pleine conscience, Aix-en-Provence

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